Diocese d'Uvira

Click here to edit subtitle

LA PAGE DE LA CATECHESE


PROUVEZ-MOI QUE VOUS ETES CHRETIEN(NE)

Je suis chrétien(ne). Je suis catholique. Moi, je prie. Je suis de telle église de réveil. Je suis avec le Pasteur un tel, etc. On tend à s’habituer à entendre ces slogans incantatoires en RD Congo. S’y ajoutent aussi de titres ronflants et pompeux, s’il vous plaît exhibés de préférence en anglais : bishop, archbishop, etc. Pis encore, depuis l’élévation de Monsengwo à la dignité cardinalice, des éminences s’autoproclament et s’auto-créent en secret dans le camp de ceux qui croient rivaliser avec l’Eglise catholique dans le marché du salut. Pure vanité qui témoigne d’un intense commerce dans le jardin de la foi. Mais dans ce pays où l’on trouve tant d’hommes et de femmes apparemment si attachés à la religion, les choses ne marchent pas très bien. La corruption assassine l’Etat. Les mœurs sont en crise. Les antivaleurs abondent. D’où la question : « prouvez-moi que vous êtes chrétien(ne) ».

EXUBERANCE ETHNICISTE DANS LE JARDIN DE LA FOI


L’Eglise de Dieu est une, sainte et catholique. Telle est la foi des Apôtres et la nôtre. Mais entre cette foi professée et la foi vécue, il existe parfois des écarts déconcertants. Ceux-ci rappellent, étrangement, que cette Eglise est encore à purifier. La communion (koinônia) en son sein est toujours fragile, « sans cesse à l’épreuve » comme écrivait naguère le Dominicain canadien Jean-Marie R. Tillard. Sainte et pécheresse à la fois, notre Eglise est en marche vers sa perfection. Dans certains milieux ecclésiaux africains, cette Eglise fait face à l’exubérance ethniciste, une abomination affligeante, et pour tout dire, la négation même de la foi chrétienne. Cette exaspération à base d’appartenance ethnique n’est toutefois pas à généraliser, mais c’est une triste réalité qu’on rencontre dans plusieurs Eglises d’Afrique noire. Elle brise les cœurs, pollue l’atmosphère de la fraternité chrétienne et sème, hélas, de graves divisions au sein du peuple uni de Dieu qui, lui, clame son appartenance au Christ. Elle met dangereusement à l’épreuve la maturité supposée des Eglises locales d’Afrique. Fait étrange, on ne lui consacre pas assez d’études pour la comprendre de l’intérieur et la combattre avec les armes de la foi et de la raison. Une tentative de ce genre n’est donc pas de trop, fût-ce pour réfléchir et apaiser ceux que ce phénomène tourmente.

Présentation de notre école, le complexe scolaire Cisaniko (primaire et secondaire)


Le complexe scolaire Cisaniko est composé d’une école primaire ayant douze classes et d’une école secondaire ayant également douze classes. L’école primaire compte de nos jours un effectif de plus ou moins 400 élèves et l’école secondaire en compte plus ou moins 510. Lors de la remise et reprise, nous avons fait le constat suivant :


a. Ecole primaire


  • Les deux bâtiments sont en délabrement, l’un manque même de toiture,
  • Manque de matériel didactique,
  • Pas de point d’eau ni de toilettes,
  • Insuffisance criante de bancs,
  • Les cours se donnent en Swahili,
  • Le niveau des élèves est trop bas,
  • Paiement difficile des FAP (Frais d’Appoint), communément appelés F.I.P (Frais d’Intervention Ponctuelle),
  • Pas d’uniforme ni de propreté dans la cour,
  • Manque de transparence dans la gestion financière.
  • b. Ecole secondaire


  • Structure de l’école presque inexistante,
  • Deux bons bâtiments avec un nombre insuffisant de bancs,
  • Pas de point d’eau, ce qui empêche l’usage des toilettes récemment réhabilitées,
  • Niveau des élèves très bas,
  • Les enseignants pleins de bonne volonté, mais sans qualification professionelle. Heureusement certains sont à l’extension de l’I.S.P.(mais souvent après l’obtention du diplôme de graduat ils partent ailleurs),
  • Le critère d’âge non respecté pour les élèves ; cela crée un déséquilibre dans les différentes salles de classes.

  • c. Internat


  • Internat I : déjà réfectionné, mais sans toilettes suffisantes (il y a en a deux seulement), sans table de réfectoire, pas de point d’eau, les serrures se cassent ou bloquent très facilement, la cuisine non équipée (seulement une cuisinière et rien d’autre), un seul drap par lit.
  • Internat II : Non réfectionné jusque là.
  • C. Nos réalisations


  • Reprise de l’administration des deux écoles,
  • Imposition de la discipline,
  • Obligation de parler en français ou en anglais,
  • Réparation de quelques bancs,
  • Achats des manuels scolaires pour les enseignants,
  • Création des commissions scolaires: financière, culturelle, religieuse, de discipline,
  • Tenue des unités pédagogiques,
  • Tous les frères donnent cours pour s’imprégner des réalités et jauger le niveau des élèves,
  • Mot du matin chaque lundi et chaque vendredi,
  • La congrégation nous a permis avec un peu de moyens d’avoir quelques matériels
  • didactiques ainsi que dix ordinateurs pour la pratique du cours d’Informatique,
  • Collaboration objective avec les enseignants,
  • Contact avec les anciens élèves des Frères Xavériens,
  • Réunion avec les parents et le comité des parents (même pour fixer le F.I.P),
  • Réorganisation de la gestion de l’école (organisation pédagogique, organisation financière),
  • Remise et reprise des clés de l’internat I.
  • D. Œuvres des frères en dehors de l’école

    Outre toutes ces différentes réalisations, nous les quatre frères ici à Uvira sommes tous présents dans les activités pastorales de la paroisse et du diocèse. Nous essayons d’être proches de la population locale, partageant ainsi leurs joies et leurs peines dans la mesure du possible.

    E. Les perspectives d’avenir


    Eu égard à tout ce qui précède, nous nous sommes fixés les objectifs suivants :

  • Elever le niveau du complexe scolaire CISANIKO,
  • Chercher les voies et moyens pour reconstruire les deux bâtiments de l’école primaire,
  • Equiper les deux écoles (primaire et secondaire) en infrastructure, outillage, matériels didactiques, etc.
  • Avoir de l’eau (Régideso et puits), démarche déjà amorcée à la Caritas et à la Regideso , mais cela va à pas de tortue,
  • Construire une grande salle polyvalente,
  • Construire un nouveau bâtiment (pour la section pédagogique et une salle
  • d’informatique),
  • Construire des infrastructures de sport : basketball et volleyball
  • F. Remerciement


    Nous tenons à remercier son excellence Monseigneur Mgr Sébastien Muyengo Mulombe (L’évêque de diocèse d’Uvira):

  • Pour sa confiance placée en nous, en nous invitant à revenir travailler de nouveau dans son diocèse d'Uvira,
  • Pour l’accueil et le logement dont nous avons été bénéficiaires pendant nos premiers moments ici à  Uvira.
  • Pour le souci de l’éducation qui le préoccupe tant, au profit de la population locale d'Uvira, souci qui rejoint le charisme de notre congrégation qui est l’éducation de la jeunesse et le service des pauvres, surtout les plus marginalisés.

  • Nos remerciements vont également tout droit aux différentes communautés religieuses oeuvrant à Uvira (les Sœurs de la charité, les Sœurs Salésienes, les Sœurs Baptistines, les Pères Salésiens) pour leur soutien, encouragement, conseil, accueil,…

    Nous leur sommes très reconnaissants. Nous remercions enfin toute notre congrégation en général, et le Supérieur Général et son conseil en particulier pour leur soutien spirituel, moral et matériel. Nous osons croire qu’avec la grâce de Dieu et le concours de tout le monde nous parviendrons à réaliser notre mission qui n’est autre que celle d’être de vrais témoins du Christ Jésus auprès de cette population locale d'Uvira.


    Fait à kasenga, le dimanche 09 mai 2015


    FRERES XAVERIENS / Uvira

    OEUVRES XAVERIENNES
    BP : 72
    UVIRA

    La commission des jeunes se revigore…

     

    Du mercredi 6 au jeudi 7 janvier 2015 a eu lieu, à la résidence épiscopale de Uvira, la session statutaire de la commission diocésaine des jeunes, qui a reçu l’appui financier des OPM. Il en est sorti de bonnes résolutions et une restructuration interne augurant un nouveau souffle à la pastorale des jeunes dans le diocèse de Uvira. Chorale des jeunes Douze agents pastoraux, venus de tous les doyennés du diocèse, se sont penchés sur les défis actuels de la pastorale des jeunes. Ils ont choisi comme méthode de travail la trilogie Voir-Juger et Agir. D’une part, les participants à la session se sont réjouis de la présence des jeunes dans nos assemblées chrétiennes. En effet, les jeunes font partie de la configuration de notre Eglise locale. Les mouvements de jeunesse sont bel et bien présents dans chaque paroisse. D’autre part, les membres de la commission ont constaté avec chagrin que beaucoup de jeunes de notre diocèse restent peu engagés dans l’Eglise. Le rayonnement de leurs mouvements est loin de satisfaire les attentes de notre Eglise diocésaine. Beaucoup de jeunes préfèrent des sorties en groupes, loin de leurs villages, plutôt pour le loisir que pour leur éducation dans la foi. En plus des rencontres sportives, ces excursions sont apparemment leur activité favorite, à laquelle ils participent massivement. Ils ont aussi tendance à taxer et tarifer tous les services que leur demande leur Eglise. On a affaire à une espèce de « simonie laïque » qui, hélas, se généralise. Par ailleurs, nombreux sont ceux qui sont affectés par les antivaleurs, les croyances coutumières avilissantes, la morosité économique, la déscolarisation, la monotonie de la vie du village, etc. Il y en a de plus en plus nombreux dans nos écoles qui sont sans sacrements ou venant d’autres dénominations chrétiennes. Plus grave, il y en a même qui se déclarent « sans religion ». Les défis sont nombreux. Mgr Sébestier Muyengo et l'honorable Marcelle Chisambo au milieu des jeunes sportifs Il a résulté de cette rencontre que beaucoup reste à faire pour présenter le Christ aux jeunes. La pastorale des jeunes doit se réinventer. Elle doit partir de la situation actuelle des jeunes, de leurs tendances, de leurs goûts, pour les attirer à une foi engageante et engagée. Les participants ont mis sur pied une organisation adéquate et un programme d’activités pour affronter les défis ci haut énumérés. Il a été également décidé de jeter des ponts avec les activités de l’Enfance missionnaire, d’intensifier la catéchèse en milieu scolaire, sans oublier la catéchèse extra-scolaire au profit des jeunes analphabètes et des filles-mères.

    CATÉCHÈSE

     

    Nouveau souffle catéchétique au diocèse d’Uvira: défis pastoraux



    Nous voulons tout simplement parler du nouveau souffle catéchétique au diocèse d’Uvira. Ce nouvel élan est en rapport avec le thème de l’année pastorale, qui travaille aussi un projet pastoral triennal, à savoir «Église famille de Dieu: lieu de communion et de libération».


    La catéchèse a pour but de rendre la foi des hommes «vivante» et de les éclairer par la doctrine chrétienne. Elle a certains éléments spécifiques qui découlent de la mission pastorale de l’Église, notamment le kérygme qui est la première annonce de l’Évangile pour susciter la foi. Elle se réalise dans la célébration des sacrements et a pour finalité l’intégration dans la communauté ecclésiale, le témoignage apostolique et missionnaire.


    Ainsi comprise, la catéchèse nécessite une certaine organisation et une programmation. C’est dans cette perspective que le diocèse d’Uvira s’efforce de donner un nouveau souffle au mouvement catéchétique.

     

    Un nouveau souffle


    Au regard de nombreux défis de la foi chez nous, lesquels viennent non seulement des sectes, mais aussi de la culture et du vécu de la foi dans une société en crise, le renouveau de la catéchèse d’Uvira s’est presque imposé de lui-même.


    Attentifs aux signes de temps et soucieux des communautés chrétiennes réellement vivantes et dynamiques, Monseigneur Sébastien Muyengo Mulombe, notre évêque, a décidé d’amorcer un renouveau de la pastorale catéchétique pour la rééducation et la consolidation de la foi chez les chrétiens.


    Cette démarche bénéficie, bien sûr, des acquis fort appréciables de ses prédécesseurs et du travail permanent des agents pastoraux. Pour concrétiser ce renouveau catéchétique, on procéda à l’état des lieux des activités catéchétiques dans le diocèse.

    Le mouvement catéchétique en cours nécessite non seulement une coordination, mais aussi un effort d’unification et de cohérence. Le besoin de coordination poussa l’évêque à créer la commission diocésaine pour la catéchèse. Il en confia les destinées à une équipe.


    La direction nous a été confiée. Le secrétariat est assuré par le Père CULU, sdb et le MLD Hyppolite KALUBA. Les membres de la commission sont: Abbé Louis PUTWA, Abbé Célestin KAMONA, MLD Jean-Félix MWEWA, MLD Lippens KISHIMBA. La commission tient sa réunion statutaire une fois l’an. Néanmoins, chacun de nos trois doyennés organise des activités et envoie son rapport à la direction.


    Pour l’efficacité de notre action, des objectifs précis ont été définis d’avance, en regard des appels et des besoins de notre Église locale. Notre ambition est que la Parole de Dieu touche toutes les couches de la population du diocèse, remue leur vie ; qu’elle réponde à leurs questions existentielles, les guide et les conduise à l’engagement dans l’Église et au témoignage dans la société. Pour cela, il est important que la foi soit (re)transmise sur fond de la trame culturelle (inculturation), en visant à habiliter les communautés chrétiennes à s’engager davantage avec le Christ, pour toujours.


    Une uniformisation du programme catéchétique partout au diocèse s’est imposée. De même le renforcement des capacités méthodologiques et doctrinales des collaborateurs est aussi apparu nécessaire. Nous avons pris la résolution de former le plus grand nombre possible de catéchèses, capables de transmettre la foi dans tous les milieux, même les plus reculés, et surtout de marquer leur présence dans les communautés, pour les initier aux mystères chrétiens, les accompagner en toutes circonstances, etc. Un effort d’adaptation dans l’organisation même de la commission est un impératif compte tenu du contexte. En effet, le diocèse est rural et confronté aux problèmes de communications.

    Le poids des us et coutumes est manifeste et perceptible dans tous les milieux. La lumière de la Parole de Dieu doit atteindre toutes les dimensions de la vie de la personne humaine. C’est ainsi que nous privilégions une formation à la base, dans les communautés et dans les milieux de vie. Il nous reste maintenant à pénétrer le milieu scolaire. Les défis sont encore nombreux.


    Il nous faut travailler d’arrache pieds pour que ce nouveau souffle catéchétique porte des fruits en abondance.


    Conclusion

    Je me suis proposé, dans cette courte réflexion, de rendre compte du nouvel élan catéchétique au diocèse d’Uvira. On retiendra que la catéchèse est l’une des principales tâches que le Seigneur a confiées à l’Église. Pour cela, il est impérieux de lui accorder la plus grande importance.


    Le diocèse d’Uvira s’efforce de le faire en multipliant des initiatives fort louables, mais qu’il faut encore fructifier. Le synode des évêques sur la Parole de Dieu, tenu à Rome en octobre 2014, vient apporter un stimulant aux activités catéchétiques dans ce diocèse. Notre souhait est que le Seigneur féconde ce qui se fait déjà et soutienne ce qui se fera dans l’avenir pour que sa Parole soit annoncée partout et à tous.

     

    Pour la direction de la commission diocésaine pour la catéchèse.

    Sr Bellarmine KABILA, fma

     

    ÉDIFIER UNE ÉGLISE-FAMILLE DE DIEU, LIEU DE COMMUNION AU DIOCÈSE D’UVIRA

     

    Depuis l’année 2014, l’Église locale d’Uvira s’est élaboré un projet pastoral triennal portant le titre de «l’Église-famille de Dieu: Lieu de communion de communion et de libération».


    La mise en œuvre de ce projet avait été précédée d’une analyse minutieuse de la situation du diocèse, faite lors de la réunion de quelques prêtres autour du nouvel évêque en 2013. c’est à l’issu de ces assises que quelques problèmes pastoraux ont été épinglés, dont les conflits armés qui ont atteint la partie nord du diocèse, la tension quasi invisible, mais existante entre clercs et laïcs et la peur des chrétiens devant toutes ces plaies causées par la méchanceté des «hommes».


    En vue de créer un climat serein, dépassé ces difficultés et répondre à ces défis, le projet pastoral dans lequel cette église locale est engagée, est une précieuse opportunité, car à chaque époque, l’Église doit toujours se réformer.


    Devant cet état des choses, il s’avère indispensable d’édifier et de consolider une Église-famille qui soit vraiment un lieu de communion.


    Abbé François Musuba La communion à laquelle est appelé le peuple de Dieu du diocèse d’Uvira s’origine dans la communion trinitaire. Les chrétiens qui sont en communion avec le Père doivent rechercher une communion entre eux, comme témoignage de la relation si «intime» entre les trois Personnes de la Trinité. En plus, cette communion privilégie la communauté, le «nous de l’Église» plutôt que les accentuations de la différence entre les membres du peuple de Dieu. En conséquence, il y a un devoir à partager la responsabilité de la mission de l’Église.


    L’on devra encourager les laïcs non seulement à pouvoir gérer le temporel, mais encore à prendre des responsabilités à l’intérieur de l’Église. «L’avènement de l’Église-communion ne peut se faire sans la mise en œuvre d’une coresponsabilité effective.


    Cette ouverture exige que l’on passe d’une concentration des responsabilités entre les mains de quelques-uns à une multiplicité des services. Une telle évolution n’est possible que si le peuple de Dieu devient, dans les faits, ce qu’il est en droit : la réalité enveloppante à l’intérieur et au service de laquelle s’inscrivent les différents ministères» (Jean Rigal).

     

    Au diocèse d’Uvira, ce partage des responsabilités en appelle à la disponibilité, au sens du service des uns des autres. Ils devront s’ouvrir à cette modalité de gestion de l’Église, fondée bien sûr les sacrements de l’initiation qui font de tous les fidèles un «royaume des prêtres».


    Mais cette coresponsabilité doit se faire sans confusion de ministères des uns et des autres, d’où la mise en œuvre effective des lieux de dialogue à tous les niveaux où clercs, laïcs engagés et autres laïcs collaborent à l’action pastorale comme en appelle Pascal Thomas: «dans l’expérience actuelle des communautés chrétiennes, on cherche à mettre en œuvre une coresponsabilité des prêtres et des laïcs, notamment dans le cadre d’équipes.


    C’est l’un des bons lieux pour apprendre à vivre la relation clercs et laïcs, les uns et les autres gardant leur identité». C’est dans cette perspective qu’en 2013, l’évêque avait organisé une session entre clercs, religieux et religieuses et les laïcs en responsabilité pastorale. Cette session a permis de rappeler les vues des uns sur les autres et restaurer la confiance, le dialogue et la coresponsabilité qui doivent caractériser les agents pastoraux appelés à porter chacun une pierre de construction à l’Église d’Uvira.

     

    Il est vrai que le droit canonique accorde beaucoup de pouvoirs au curé en tant que «pasteur propre de la paroisse» (C.519), mais cette charge pastorale, il la partage, avec les autres clercs, les religieux et les religieuses, sans oublier les laïcs qui lui apportent leur collaboration, car il ne peut agir seul dans l’exercice de son ministère.


    Au diocèse d’Uvira, cette collaboration devra être accentuée dans la perspective de notre projet pastoral. C’est en ce sens que les différentes sessions de formation permanente ont été une occasion pour nous tous d’approfondir les très appréciables recommandations de l’exhortation apostolique post-synodale Ecclésia in Africa. Cet éclairage indispensable dont a bénéficié et continuera à bénéficier le peuple de Dieu au niveau diocésain, s’est fait et devra se faire dans un climat de famille. Ne devons-nous pas insister sur la responsabilité pastorale de tous et de chacun?


    Celle-ci incombe certes au curé, mais il l’exercera dans le cadre d’une équipe, travaillant en confiance et en amitié, son rôle étant également de favoriser chaque collaborateur à avoir sa place et sa part d’initiative comme en témoigne Jean Rigal: «Le rôle des prêtres ne consiste pas à tout faire mais au contraire, à veiller à ce que chacun trouve réellement sa place dans l’Église. Ils ont à promouvoir, stimuler, coordonner, harmoniser l’exercice des responsabilités et des ministères reposant sur la grâce du baptême, en tenant compte des suggestions et des remarques de leurs frères chrétiens».


    Bref, la communion devra être vivifiée à tous les niveaux de l’Église d’Uvira. Disons que s’inscrire dans ce grand projet, c’est, à la suite des Pères synodaux de 1994, se mouvoir dans cette nouvelle image de l’Église-Famille de Dieu à Uvira où clercs et laïcs pourraient tous collaborer à l’unique mission de l’Église, vivre déjà le Royaume où le plus grand doit être le serviteur de tous. D’où la mise en place des lieux de gestion commune et de concertation. L’Église d’Uvira veut bétonner ses fondations sur une organisation ecclésiale qui ne générait pas la mission évangélisatrice.


    Les trois dimensions de la participation de tous les baptisés à la mission du Christ doivent être perceptibles dans la variété des services que les uns et les autres sont à même d’offrir à l’Église pour l’édification de toute la communauté. Ce qu’il faudrait mettre en évidence, c’est la communion qui se traduit dans la coresponsabilité, la collaboration, la concertation dans l’action pastorale.


    L’avenir de l’Église locale d’Uvira ne repose pas dans la seule figure du clergé, mais dans la constitution des équipes pastorales à travers lesquelles tous les baptisés se sentiront membres de l’Église à part entière. La place si importante des laïcs dans l’Église n’est plus à remettre en cause. L’enjeu se trouve dans ce que je nomme avec Pierre LEFFEBRE, le grand défi: celui de la capacité du clergé d’accueillir, de former, d’accompagner et d’accorder de la place aux laïcs qui sont prêts à assumer des responsabilités dans l’Église, mais qui restent parfois étrangers aux coutumes cléricales.

     

    Abbé François MUSUBA

    Directeur du Bureau Diocésain pour la coordination Pastorale; Coordonateur du Projet «Église famille de Dieu»